Renouée du Japon

Fallopia japonica

Dépourvue de prédateurs locaux et de compétiteurs, la Renouée du Japon met en place une véritable stratégie de combat pour envahir les espaces naturels

Plante vivace de 1-3 m à rhizome.
Floraison : septembre-octobre, pollinisée par les insectes.

Cette grande plante vigoureuse a des tiges creuses érigées, rougeâtres, semblables à des cannes de bambou. Sa croissance peut être de 1 à 8 cm par jour, elle peut donc atteindre sa hauteur maximale de 4 mètres en 2 mois au printemps. La renouée du Japon affectionne les zones alluviales et les rives des cours d’eau où l’humidité et la richesse nutritive du substrat lui permettent d’avoir une croissance optimale, conduisant à des peuplements monospécifiques. On la trouve aussi au bords des routes, alentours des jardins, terrains abandonnés.

Plante pionnière colonisant les pentes de volcans dans son aire d’origine, et les monticules de cendres issues des centrales thermiques à charbon dans son aire d’introduction, elle tolère pratiquement tout type de sol. Elle est largement répandue en Europe occidentale et centrale. Elle a colonisé l’ensemble de la France. Il n’est pas prudent de consommer des renouées récoltées en Europe, car la majorité des massifs s’est développée sur des sols artificiels.

La probabilité que ces sols soient pollués et que la végétation qui se développe dessus soit impropre à la consommation humaine, est donc importante. Les jeunes pousses sont consommées crues ou cuites. Au printemps, les jeunes pousses, semblables à celles du bambou, sont cueillies avant que la tige et les feuilles ne se séparent. On enlève l’écorce et on les mange crues. Les enfants les ramassent sur les bords des chemins et les mâchent en marchant.

Elles ont un goût acide en raison de la présence d’acides organiques et en particulier d’acide oxalique qui leur donne une certaine âpreté. Leur consommation en trop grande quantité à l’état naturel peut avoir des effets néfastes sur la santé. Un usage mieux approprié consiste à les faire bouillir puis à les passer à l’eau froide.

Elles perdent ainsi leur âpreté mais aussi leur saveur agréablement acidulée.  Considérée comme une plante très décorative, elle a longtemps été introduite dans beaucoup de jardins et vendue par des jardineries. Dépourvue de prédateurs locaux et de compétiteurs, elle s’est avérée très invasive et donc défavorable à la biodiversité. Très rapide, sa progression se fait au détriment de la flore, mais aussi de la diversité en vertébrés et surtout d’invertébrés.

Ceci expliquerait que la renouée fasse reculer les populations d’amphibiens, reptiles, et oiseaux ainsi que de nombreux mammifères des habitats ripicoles, car ces derniers dépendent directement ou indirectement des espèces herbacées autochtones et/ou des invertébrés associés pour leur survie.
La renouée est fréquente sur des néo-sols et milieux dégradés et pauvres en biodiversité du fait de son mode de propagation par transport de fragments de rhizomes.

Le saviez-vous ?

Elles servent dans la pharmacopée traditionnelle pour amollir les selles et faciliter l’évacuation urinaire. Les jeunes feuilles malaxées sur des éraflures qui saignent stoppent l’hémorragie et calment la douleur. Le rhizome séché et les jeunes feuilles de cette renouée sont utilisés comme matière médicale en Chine. Ils sont inscrits à la Pharmacopée Chinoise.

Le rhizome est utilisé comme analgésique, antipyrétique, diurétique, expectorant, dans le traitement de la bronchite chronique, l’hépatite, la diarrhée, le cancer, l’hypertension, l’athérosclérose, la leucorrhée, une brûlure, une morsure de serpent.

Une plante très difficile à éradiquer !

Ses rhizomes s’enfoncent profondément dans la terre et se ramifient rapidement, tout en développant des substances toxiques, asphyxiant les racines des plantes avoisinantes.

Cette plante possède également un pouvoir de dissémination important. En effet, de simples fragments de tiges mis en contact avec les sols se bouturent et se multiplient très facilement. C’est encore pire lorsque ces fragments tombent dans un cours d’eau.

Sa vigueur et la rapidité de sa propagation sont telles, qu’un petit foyer peut rapidement coloniser un milieu jusqu’à former des massifs de plusieurs dizaines de m2. La densité de ses feuilles empêche tout développement d’autres plantes et fait reculer les populations d’amphibiens, de reptiles, d’oiseaux, ainsi que de nombreux mammifères, leur survie étant liée directement ou indirectement aux herbacées concurrencées par la Renouée.

Eradiquation de la renouée du Japon

Découvrez également

Vous aimez ce contenu ? Partagez-le

Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
Retour haut de page

en 1 clic